August 8, 2022

NFT, soit les initiales de “Non Fungible Token”. Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce petit acronyme à la mode en ce moment. Mais concrètement, qu’est-ce que ce marché qui commence tout doucement à faire tourner des têtes dans le monde entier ? Explications.

Si les crypto-monnaies sont désormais bien implantées dans le paysage belge, voici un nouveau bébé du digital à apprivoiser. Apparus en 2017 sur la plateforme Ethereum, qui est un protocole d’échanges décentralisés permettant la création par les utilisateurs de contrats intelligents, les NFT ne sont devenus populaires que très récemment. Du coup, qu’est-ce que c’est réellement ?

Comme l’explique l’expert Brice Le Blévennec de la société Emakina, les NFT sont des certificats numériques de propriété d’un fichier. Cela peut faire office de propriété d’œuvre d’art numérique mais aussi de bien d’autres choses comme des sacs de luxe ou des diamants. “Ce sont des certificats de propriété qui identifient une adresse et un portefeuille, car on collecte ces NFT dans ce qu’on appelle un portefeuille (« wallet », en anglais). L’un des plus connus se nomme Coinbase, et est entré en bourse récemment“.

“J’en achète 10 par jours, c’est très addictif !”

Christophe, 42 ans et originaire de Gosselies, a activé le bouton orange Alertez-nous pour nous faire part de sa nouvelle activité, débutée en fin d’année dernière. “Je suis un investisseur NFT et dans le monde de la crypto-monnaie depuis novembre 2021“, précise-t-il.

Pour lui, le monde change et il est utile de s’intéresser à ces nouveautés. Christophe se dit être l’un des plus gros collectionneurs de NFT en Belgique : il possède dans sa collection quelque 700 pièces. “J’en achète 10 par jours ! Je ne dirai pas que c’est comme une drogue, mais c’est addictif, je passe beaucoup de temps sur les plateformes de NFT, que ce soit tôt le matin ou tard le soir… et même parfois en pleine nuit. C’est un placement que je fais pour le futur, pour ma femme et mes enfants”, affirme-t-il.

Christian, habitant de Genappe, est un radiologue mais aussi un artiste qui a commencé la production de NFT récemment. Dans le monde de l’art depuis plus de 30 ans, il s’est lui aussi penché sur cette nouveauté numérique. “Christophe m’a envoyé un message sur Instagram car il souhaitait monter un projet à deux. Je connaissais depuis peu ce monde et j’ai donc répondu favorablement. Cela me permet également d’élargir ma clientèle et de diversifier mon art. L’objectif d’un artiste reste qu’un maximum de monde puisse voir son travail, qu’il soit réel ou virtuel !”

Combiner radiologie et art, c’est possible ? Selon Christian, cela peut même mettre l’un de ses atouts. Grâce à l’imagerie médicale, il peut proposer des œuvres uniques, comme une NFT de son crâne, en imagerie médicale.

Rentables, les NFT ?

Pour la personne lambda, l’intérêt de posséder des NFT est double. “L’intérêt principal est la spéculation. On peut acheter un NFT pour pas grand-chose et parfois pouvoir le revendre 100 fois plus le jour même. Cela ne marche pas toujours, bien sûr, mais c’est intéressant de s’y pencher“, explique Brice Le Blévennec. Deuxièmement, avoir des NFT en sa possession peut être un marqueur de richesse, de goût, de style. Certains acquéreurs les postent sur les réseaux, ou les affiche dans un cadre numérique.

Pour notre collectionneur, le bénéfice arrivera plus tard. “Cela rapporte déjà un peu, mais cela rapportera bien plus dans le futur, c’est certain“. Convaincu des bienfaits d’investir dès que possible dans les NFT, il encourage n’importe qui à se lancer, peu importe le budget dont on dispose : “Ne regardez pas le train passer, mais rentrez dedans ! C’est l’internet 3.0, les gens qui ont hésité à acheter de la cryptomonnaie il y a quelques années s’en mordent les doigts maintenant. Ce sera la même chose pour les NFT ! J’essaie même de mettre le pied à l’étrier de mon fils”.

Christophe tient cependant à rappeler une chose importante : il faut investir ce qu’on peut se permettre d’investir, il ne serait pas malin de se mettre dans le rouge pour acquérir des NFT. “J’ai investi de l’argent dont je n’ai pas besoin, de l’argent que je pouvais me permettre de dépenser, c’est utile de le préciser”.

En décembre 2021, une œuvre créée par l’artiste Pak, nommée “The Merge” a été vendue pour la coquette somme de 91,8 millions de dollars. A la manière d’un énorme puzzle, cette réalisation est fractionnée en plus de 250.000 unités numériques qui sont partagées entre 29.000 acheteurs.

Un marché encore pauvre en Belgique

Rome ne s’est pas créée en un jour, il en va de même pour le marché des NFT et l’expansion de celui-ci dans notre pays. Si une demande existe, elle reste encore, pour l’instant, assez restreinte. Christophe et Christian expliquent d’ailleurs bien que le marché étant mondial, la plupart des affaires qu’ils réalisent sont faites avec des acheteurs étrangers.

En Belgique, il y a des personnes qui sont dedans, mais ça n’est pas encore énorme non plus. C’est encore un marché réduit, et les utilisateurs vont plus souvent à l’étranger. A l’heure actuelle, il y a peu d’activités et d’artistes locaux, mais cela pourrait changer assez vite“, estime Brice Le Blévennec.

Leave a Reply

Your email address will not be published.