June 21, 2022

Zapping Autonews Green Pourquoi le GPL est-il moins cher que l’essence et le diesel?

L’électrique chez Toyota, c’est tout nouveau… ou presque. Les créations originales à batterie telles que l’i-Road à trois roues de 2013, ont déjà montré l’intérêt du géant japonais de l’automobile pour ce type de motorisation sans passer à l’étape de la grande série, ce que sa marque premium Lexus a récemment réalisé avant lui. La maîtrise des chaînes de traction électriques est loin de représenter un défi pour le premier constructeur mondial, après l’introduction de l’hybridation dès 1997 avec la Prius, une première pour un véhicule de série. Sa gamme propose aujourd’hui cette technologie pour la quasi totalité de ses modèles, permettant à Toyota de limiter aisément ses rejets moyens de CO2 sur l’ensemble de ses ventes afin d’atteindre les objectifs fixés par la réglementation européenne en la matière.

Cela lui permet à la fois de sortir, parallèlement à ces solutions électrifiées, de nouveaux modèles sportifs 100 % thermiques soumis au malus (GR Yaris, GR 86…), tout en ne se sentant pas forcé de passer au plus vite au tout électrique. La transition est donc plus douce grâce à cette anticipation par l’hybride mais inévitable avec l’interdiction des ventes de voitures thermiques en 2035. La firme nippone décide donc en 2022 d’entamer son virage électrique en posant les bases d’une nouvelle gamme dédiée aux véhicules à batterie.

Une gamme nommée « bZ » pour « Beyond Zero » (au-delà de zéro) inaugurée par un SUV familial de 4,69 mètres de long : le bZ4X. Un nom barbare indiquant son appartenance à cette nouvelle famille de produits, avec un « 4 » pour son positionnement hiérarchique en termes de volume au sein de cette future lignée et un « X » pour son caractère de SUV.

Toutes les Toyota introduisant une alternative au thermique pur sont un peu originales dans leur genre, pour ne pas dire clivantes. La Prius et ses quatre générations tout comme la première Mirai de 2014 fonctionnant grâce à une pile à combustible à hydrogène, elles avaient pour mission de marquer les esprits, que cela plaise ou non. Le bZ4X doit faire de même avec le 100 % électrique en vue d’une gamme alimentée pour moitié uniquement à l’électricité dès 2030, représentant un objectif de 3,5 millions de ventes par an. Mais les objectifs de ce seul SUV sont plus modestes, à hauteur de 3 000 unités par an, juste de quoi donner une direction et annoncer l’avenir.

Au-delà du style

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Toyota bZ4X | Toutes les photos de notre essai de la première Toyota électrique
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Toyota bZ4X (2022)Credit Photo – Autonews

Équivalent généraliste du Lexus RZ 450e, présentant quelques similitudes esthétiques pour une silhouette proche, et jumeau du Subaru Solterra, le Toyota bZ4X repose sur la plate-forme modulaire dédiée à l’électrique du groupe, baptisée e-TNGA (Toyota New Global Architecture). En bonne synthèse de ses cousins, la proposition de la maison-mère fait parfois preuve d’exubérance façon Lexus, au niveau du becquet de hayon par exemple, et évoque l’esprit baroudeur à d’autres endroits, façon Subaru, comme au niveau des ailes avant presque intégralement en plastique brut, tout en lissant quelque peu le bouclier par rapport au Solterra, afin de regagner – légèrement – en classicisme dans la tradition d’une majeure partie des modèles Toyota.

Peu conventionnel mais pas futuriste pour autant à l’extérieur, ce SUV plus long de 9 cm qu’un RAV-4 fait plutôt original à l’intérieur, principalement grâce à son compteur numérique de 7 pouces entre deux parois créant un effet entonnoir face au conducteur. Mais la forme rectangulaire de l’afficheur ainsi que le traitement basique du plastique de cet élément de design ne créent pas d’atmosphère futuriste à bord non plus. Il impose, de plus, de ne pas trop relever le volant afin de ne pas masquer une partie de l’instrumentation. Le rendu sera certainement grandement modifié lorsque le volant à jante trapézoïdale, sans partie haute, repris au Lexus RZ, fera son apparition dans le bZ4X. L’ambiance futuriste deviendra plus sensible et il n’y aura plus de gêne de lecture, en acceptant l’absence de liaison mécanique avec les roues et une direction bien plus directe.

L’écran central de 12,3 pouces (8 pouces en entrée de gamme), occupe généreusement la planche de bord, dégagée dans son dos et recouverte de tissu. Il se montre très réactif et profite de graphismes clairs, mais aucun planificateur de trajet en fonction des bornes de charge rapides n’est disponible. La climatisation en dessous mélange touches tactiles et gâchettes physiques pour ajuster la température et la ventilation. La console centrale, large, choisit le noir brillant et une position haute horizontale pour créer un espace de rangement important en dessous. D’autant plus important qu’il n’y a pas de boîte à gants…

Malgré les efforts de style, l’habitacle demeure austère à cause d’une ambiance noire et d’une qualité des matériaux manquant d’exigence. Idem concernant certains assemblages. La composition de la gamme de niveaux d’équipement va évoluer en novembre 2022 et la finition haute « Prime » remplacera l’« Origin Exclusive » en laissant le choix d’une sellerie claire en cuir synthétique pour un contraste peut-être un peu plus attrayant.

Plus à l’arrière que dans le coffre

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Toyota bZ4X (2022)Credit Photo – Autonews

La vie à bord n’en est pas moins agréable, avec des sièges confortables à l’avant comme à l’arrière. Les occupants postérieurs disposent de beaucoup de place pour les jambes et de la marge à la tête et aux coudes. Il n’y a pas de tunnel central, ce qui est profitable au passager central, cependant un peu moins bien loti avec une garde au toit moins importante (phénomène amplifié avec le toit panoramique fixe en deux parties, abaissant encore le ciel de toit d’1,5 cm), logiquement moins de maintien et surtout un dossier raide qui intègre l’accoudoir central mais l’assise conserve un minimum de moelleux. Des cotes intérieures appréciables obtenues par un empattement de 2,85 m, soit 16 cm de plus que dans un RAV-4. Un choix qui se répercute négativement dans le coffre.

Le volume de chargement atteint seulement 452 litres, voire 441 litres avec le caisson de basses du système audio JBL. C’est moins que beaucoup de SUV de la catégorie inférieure. Le RAV-4 du même segment monte pour sa part jusqu’à 580 litres. De plus, les parois du coffre du bZ4X ne sont pas droites, ce qui limite un peu plus son exploitation. Il se rattrape avec un double plancher sous lequel est prévu un logement pour la plage arrière à enrouleur et un bac inférieur pour les deux câbles de recharge livrés en série, par exemple. La banquette se rabat en deux parties et la longueur de l’habitacle pourra éventuellement servir à transporter des objets encombrants, tandis qu’une remorque pourra s’atteler au véhicule, avec une limite de tractage de 750 kg.

Velléités de franchissement

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Toyota bZ4X (2022)Credit Photo – Autonews

Ce Toyota électrique laisse le choix entre deux motorisations à partir du deuxième niveau de finition. L’entrée de gamme dispose forcément d’une transmission à deux roues motrices (traction) avec un moteur de 204 ch et 266 Nm de couple sous le capot. Ensuite, les versions supérieures ajoutent le choix d’une transmission intégrale en équipant le train arrière d’un second moteur électrique. Dans ce cas, les deux moteurs développent 109 ch pour un total de 218 ch et 337 Nm de couple. La vitesse reste limitée à 160 km/h dans les deux cas et le 0 à 100 km/h ne gagne que six dixièmes (6,9 sec au lieu de 7,5 sec), avec un poids à vide augmenté d’environ 90 kg pour atteindre 2 065 kg. Le bZ4X « AWD » se dote essentiellement d’une motricité améliorée et de capacités de franchissement qui permettront aux utilisateurs des zones montagneuses de se sortir de quelques passages un peu plus délicats que la moyenne, grâce notamment au contrôle de motricité paramétrable « X-Mode » et à l’aide à la descente. Le SUV japonais peut, en outre et quelle que soit la version, traverser des cours d’eau de 50 cm de profondeur et immerger intégralement sa batterie située dans le plancher.

Un accumulateur identique sur les versions deux et quatre roues motrices, d’une capacité de 71,4 kWh. Le chargeur embarqué limite la puissance de charge à 150 kW en courant continu pour la charge rapide (0 à 80 % annoncé en 30 minutes) et à 6,6 kW en courant alternatif (0 à 100 % en 10h50). Les commandes passées à partir du mois de novembre bénéficieront d’un chargeur autorisant la charge en courant alternatif triphasé, pour une puissance maxi de 11 kW. Selon la transmission et la taille des jantes (18″ ou 20″), l’autonomie annoncée varie de 411 km à 513 km.

Notre modèle haut de gamme AWD à jantes de 20″ laissait donc espérer la plus faible valeur de cette fourchette dans le meilleur des cas, qui ne sera pas atteinte sur long trajet, avec des consommations dépassant facilement les 25 kWh/100 km sur voies rapides.

En plus d’abaisser les consommations, les jantes de 18″ permettront aussi d’améliorer la filtration des raccords de la route et des attaques de dos-d’ânes, de quoi profiter d’une suspension procurant juste assez de souplesse pour un confort agréable et des mouvements de caisse maîtrisés. Seule la future version haut de gamme « Prime » dispose de la monte de grand diamètre mais un pack « Autonomie » permet de retrouver la taille adéquate, en association avec l’ajout d’un toit doté d’un panneau solaire. Il est censé pouvoir fournir 1 800 km d’autonomie supplémentaire en une année dans une région ensoleillée. Moteur coupé, il alimente la batterie principale alors que durant l’utilisation, il fournit de l’énergie à la batterie accessoires pour alimenter les équipements de bord et réduire la consommation moyenne.

Doux à manier, le bZ4X calibre idéalement sa direction et sa pédale de frein, la première étant consistante et précise, la seconde également avec une constance que l’on ne peut pas observer sur toutes les voitures électriques ou hybrides. À part quelques bruits d’air qui apparaissent relativement tôt, le silence s’impose pour des trajets apaisés.

Rassurer sur le long terme

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Toyota bZ4X (2022)Credit Photo – Autonews

On pouvait s’attendre à une expérience novatrice avec un nom aussi énigmatique mais malgré un look qui prolonge le suspense dans ce sens, le Toyota bZ4X est moins original qu’espéré une fois à son contact. Le futur volant à jante « incomplète » sera un détail qui jouera un rôle important dans son potentiel distinctif sur le marché. À conduire ou à vivre, il se montre agréable sans provoquer d’émotion ni travailler ses possibilités de gestion de l’entraînement électrique (un simple bouton sur la console centrale permet d’augmenter légèrement la force de frein régénératif au lâcher d’accélérateur sans jamais aller jusqu’à l’arrêt complet).

Sa gamme simple ne dispose quasiment pas d’options et peut inciter à passer au moins au deuxième niveau d’équipement pour éviter l’écran central de 8″ laissant apparaître d’épaisses bordures latérales sur la tablette rectangulaire, en évidence au centre de la planche de bord, et ajouter des touches de similicuir à la sellerie dans le même but de réduire l’impression d’économies qui ressort malgré tout dans la conception de cet intérieur.

L’équipement de base est pourtant correct avec une pompe à chaleur, les jantes alu 18″, la climatisation automatique bi-zone, la caméra de recul, l’accès et le démarrage mains-libres ou encore la peinture métallisée (le « Bleu Pacifique » est alors obligatoire sans alternative possible sur cette finition). Mais le tarif reste situé au-dessus du seuil d’accès au bonus maximal, inaccessible sans recours à une remise. On aurait donc apprécié profiter du niveau de dotation supérieur sans avoir à consentir à son surcoût (les prix seront rendus officiels par Toyota à partir du 1er juillet 2022).

Il s’attache en revanche à vouloir assurer à ses clients un niveau de fiabilité digne de la réputation de la marque, malgré cette technologie 100 % électrique quasiment inédite pour le constructeur japonais. La batterie développée avec Panasonic, dont la garantie d’un niveau de 70 % de sa capacité initiale est valable pendant 8 ans ou 160 000 km, peut être étendue à 10 ans ou 1 million de kilomètres en échange d’un bilan de santé annuel dans le réseau de la marque. Préserver l’activité du service après-vente est essentiel avec la baisse prévisible des visites et des opérations d’entretien courantes liées aux spécificités techniques de l’électrique. C’est finalement peut-être sur ce point que Toyota réussit le plus à se renouveler.

En bref

C’est avec un SUV familial deux ou quatre roues motrices que Toyota se lance dans le 100 % électrique en grande série. Un nom original en forme de code pour des prestations plus conventionnelles sous une apparence pour le moins tranchée. Le Toyota bZ4X est le premier d’une nouvelle gamme « bZ » dédiée à l’électrique, qui tend à se développer aussi rapidement qu’elle a mis du temps à apparaître.

Quentin Cazergues

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