August 8, 2022

Est-ce l’ultime dégringolade, celle dont personne ne se relèvera ou bien est-ce un soubresaut, un creux dont il faut profiter avant une remontée vertigineuse ? Telle est en substance la question qui agite la communauté des cryptomonnaies, officiellement actifs numériques. Au cours du week-end le bitcoin a plongé sous la barre symbolique des 20.000 dollars à 17.599,73 dollars, son niveau le plus bas depuis 2020. Mais les cryptos sont devenus un enjeu de société. Elles concernent 300 millions d’utilisateurs et malgré leur effondrement, la plateforme crypto.com extrapole que le milliard d’utilisateurs sera atteint d’ici la fin de l’année. Plus prudente, la BCE estime qu’un ménage européen sur 10 a investi dans les cryptoactifs et note que le secteur reste très dynamique avec 16.000 cryptoactifs en circulation.

Il faut raison garder

Pour Alexandre Stachtenko, directeur blockchain et cryptos chez KPMG, il faut raison garder. “Il y a des crises et de la volatilité, ce n’est pas la première fois. Il y en a eu en 2013, 2018, 2022. Comme les prix sont plus élevés, l’impact semble beaucoup plus fort. Mais quand le bitcoin est passé de 1.200 dollars à 100, l’effondrement était bien plus grave qu’aujourd’hui où on est passé de 60.000 dollars à 20.000.” A titre de comparaison, le bitcoin est à son niveau de l’an dernier, tout comme l’or, alors que l’euro a perdu 20% et Méta (Facebook) 30% sur la même période. Les grandes stars de la tech, comme Apple, ont perdu près de 25% depuis le début de l’année. “Il faut regarder les fondamentaux, poursuit Alexandre Stachtenko, ils sont bons. Il y a une véritable adoption, aussi bien en termes de personnes physiques que d’entreprises. Le bitcoin est jeune, c’est un marché technologique risqué. Le krach est une façon d’assainir le secteur. Certaines cryptos vont disparaître. Mais le bitcoin restera.”

Le bitcoin ne repose sur rien

Un point de vue que ne partagent pas tous les observateurs. Natacha Valla, économiste, doyenne de l’Ecole du management et de l’innovation à Sciences Po, rappelle que ces actifs numériques n’offrent aucune garantie et qu’ils n’ont pas de valeur intrinsèque. Même son de cloche chez Christine Lagarde, présidente de la BCE qui avertissait le 23 mai : “Ma très humble évaluation est que cela ne vaut rien. Ça ne repose sur rien, il n’y a pas d’actifs sous-jacents pour agir comme un ancrage de sécurité”.

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